mardi 7 mars 2017

Polar "La muraille de lave" Arnaldur Indriðason

Avis

J'ai l'impression que ce roman est une sorte tentative de l'écrivain de sortir de la trame habituelle de ces autres récits

Trame habituelle ???
La plupart des romans sont racontés par l'inspecteur Erlendur.

Erlendur est islandais. Son histoire personnelle est très intimement liée à l'Islande. Son enfance a été marquée par la disparition de son frère dans une tempête de neige. Les disparitions non élucidées et/ou liées au climat de l'Islande sont souvent présentes.
J'ai même remarqué une certaine indifférence vis-à-vis de l'étranger.
Erlendur, si mes souvenirs sont exacts, ne part jamais à l'étranger, n'émet jamais (ou alors j'ai oublié) un jugement de valeur sur les autres pays.

Erlendur est empathique. Ce qui l'intéresse ce sont les gens bien plus que les faits. Il est profondément touché par la détresse des proches (au point de souvent se lancer à corps perdu sur des intuitions).

Dans le roman, le narrateur est l'inspecteur Sigurdur Oli.

Il admire les États-Unis. Il ne parle jamais de l'Islande en termes positifs. Il manifeste même parfois son mépris (vis-à-vis de la télévision islandaise par exemple).
Ah... encore une différence : Erlendur lit.

Il n'a presque aucune empathie pour les victimes et il exècre les délinquants. Il prend même le temps de dire leurs quatre vérités à des délinquants arrêtés dont il n'a pas la charge.

Le problème d'empathie est même plusieurs fois amené comme un défaut plus que pénible par ses proches. 

Contrairement à Erlendur il n'a pas d'enfants.

Je me suis donc dit qu'Arnaldur Indriðason s'est lancé un challenge : "Suis-je capable d'écrire un roman avec pour personnage central quelqu'un de radicalement différent d'Erlendur ?"

La réponse est "oui, mais..."

Oui

L'histoire est comme pour les autres récits très bien construite.
Les autres personnages sont crédibles. Les maux de la société islandaise sont réels et réalistes.

Mais...

Vous serez accompagné par Sigurdur Oli qui est détestable.
Détestable, mais soyons honnêtes : il est "Vrai".
Et je serais encore plus honnête, Sigurdur Oli me ressemble un peu beaucoup.
Paradoxalement, j'aime les romans qui me montrent avec acuité mes propres défauts.
Sigurdur Oli a quand même plusieurs qualités : il est intègre et lucide y compris sur ses propres travers et maladresses personnelles aussi bien que professionnelles.

Vous voilà prévenus !

dimanche 5 mars 2017

Polar Islandais : Betty par Arnaldur Indriðason

Avis

On lâche dans ce roman les enquêtes d'Erlendur (l'enquêteur que le retrouve dans presque tous les romans de l'auteur). Nous sommes quand même en Islande de nos jours.

Le narrateur est la personne qui a été arrêtée pour le crime d'un riche homme d'affaires islandais. C'est Betty la femme qui a tué cet homme. Problème tout le monde est persuadé du contraire !

La narration commence par la rencontre avec Betty, l'amour naissant, et de fil en aiguille vers un dénouement fatal. Mais pourquoi personne ne s'aperçoit-il pas du double jeu de Betty ?

Je ne peux pas divulgâcher, mais ... Arnaldur a l'intelligence de nous laisser dans nos propres certitudes. On se construit des images mentales (surtout en roman. Il serait presque impossible de faire un film Betty ou alors avec un prix de la mise en scène).
On s'enferme dans nos propres convictions.
Et quand on découvre la vérité, il est trop tard. Et nous lecteur privilégié qui partageons tout, pouvons alors comprendre que les autres sont enfermés dans les mêmes carcans.
Je suis, nous sommes, la société avons tous des œillères 

Je recommande donc particulièrement ce polar qui permet de découvrir l'écriture d'Arnaldur Indriðason. S'il vous a plus vous pourrez alors vous plonger dans les autres romans liés entre eux par un enquêteur pas comme les autres.

samedi 4 mars 2017

Lecture Fantasy et Humour : Les Annales du Disque-Monde, Tome 24 : Carpe jugulum Terry Pratchett


Un tome qui revisite le mythe de Vampires à la sauce Disque monde.
Ici les vampires essayent de se moderniser. Ils se désensibilisent à l'ail, se disent que le soleil qui brule c'est psychosomatique, que les symboles religieux m'a fois on s'en accommode même chez soi.

Par contre leur esprit de domination est intact.
Ils veulent faire main basse sur le royaume de Lance. Les humains restent du bétail.
Les sorcières vont faire obstacle...

Un tome moins surprenant que d'habitude avec un personnage quand même intéressant : un prêtre qui se retrouve bien loin de son église sur le terrain.
Et quel terrain ! Peu de monde est réceptif à l'orthodoxie. Les vampires auraient eux-mêmes écrit les livres sacrés....
Alors face à la réalité, il va douter et mettre de l'eau dans son vin.

Mon regret pour le roman : les sorcières ont des pouvoirs parfois cachés, mais en fin de compte, elles sont bien trop puissantes. J'aurais aimé une fin moins "Happy end".

mardi 28 février 2017

Lecture : Les Annales du Disque-Monde, Tome 22 : Le Dernier continent - Terry Pratchett


Je venais de lire l'excellent "Les Annales du Disque-Monde, Tome 20 : Le Père Porcher".
Après un excellent voyage en Australie cet été, je me suis dit "en voilà une bonne idée de lecture"...
Hélas, ce tome même s'il est bon est soit moins réussi, soit l'humour n'est pas si accessible.

Il y a au menu :
  • Rincevent et sa façon bien à lui d'éviter les ennuis en s'y jetant en courant.
  • Un dieu de l'évolution ! Dieu auquel on suggère que la sexualité lui permettrait de créer de nouveaux organismes "tout seul" plutôt qu'un infâme bricolage.
    Il y a d'ailleurs une bonne caricature des créationnistes : des mages se retrouvent sur l'île du dieu et les plantes et animaux évoluent avec un seul but : satisfaire et répondre aux désirs des hommes présents. Les plantes se mettent à faire pousser des fruits pour le moins originaux.
    Ce dieu est sous exploité.
  • Un bon nombre de situations sont évidemment très contextuelles à l'Australie et parmi elles un bon nombre m'ont un peu échappé. C'est le principal défaut du roman.